Le Mal rwandais. De la racine au paroxysme du génocide des Tutsi

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De Ndiza, en 1959, à Kanombe, en 1994, Daniel Nyamwasa retrace l'histoire des divisions rwandaises, cause de tueries récurrentes contre les Tutsi, et livre un  témoignage inédit sur la résistance du 3e bataillon, au cœur du génocide.

«Les rwandais doivent graver dans leur mémoire que la force de leur union a conduit à leur invincibilité. Chaque fois qu’ils accepteront la division, ils se trouveront au fond du gouffre et n’auront pas de bras étranger pour leur tendre la main. Accepter la leçon divisionniste, c’est signer sa mort, car, une fois le front ouvert, personne ne sait s’il en sortira victorieux.»

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Daniel Nyamwasa, médecin militaire dès 1998, fut promu au grade de Major en 2002. En 2010, il est nommé directeur de l’hôpital de la police et promu au grade d’Assistant Commissaire de la Police, puis de commissaire de la police en 2013.
Depuis 2016, il est le directeur de Kigali forensic laboratory. Né le 1er octobre 1957, il se réfugia avec ses parents au Burundi en 1959. Après une
brève accalmie et pacification, ils rentrèrent au pays en 1960. Ils reprirent le chemin de l’exil en 1961, cette fois pour trois décennies. Militant du
FPR dès 1987 dont il fut président de la cellule de l’université de Bujumbura jusqu’à ce qu’il intègre l’Armée Patriotique Rwandaise en 1990. Il sera
l’un des six cents militaires du 3e bataillon chargé de protégéer les dignitaires du FPR au CND.

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Liminaire

Le Rwanda fut un royaume interlacustre très puissant. Son peuple, composé de grands guerriers, lui avait donné des frontières définies avant la conférence de Berlin de 1885 qui réduira le pays à moins de la moitié de sa superficie initiale.

Le pays fut dirigé par la dynastie des Banyiginya, depuis le XIeme siècle jusqu’au début du XXe siècle, soient 868 ans. De Gihanga à Rudahigwa, les monarques se succédèrent au trône de père en fils. Ils dirigèrent le pays en toute souveraineté avec amour et respect mutuel entre eux et leur peuple. Ils développèrent une société avec des valeurs solides où le rwandais était socialement, culturellement et religieusement attaché, voire confondu, à l’autre. Le peuple rwandais était guidé par un esprit patriotique, ainsi tout rwandais apte défendait la nation le cas échéant. Néanmoins le pays était protégé par une armée forte constituée par différentes milices professionnelles dont le commandant suprême était le roi.
Certes le Rwanda fut le dernier pays de l’Afrique à être colonisé, les colons le rendirent ainsi dépendant et ingouvernable à partir de mars 1897. En dépit de leur intrépidité, sans amour, sans chaleur, habité d’une âme emplie de haine et de peur, les Rwandais accueillirent pacifiquement l’homme blanc. Le roi et son entourage, sans se tromper, pensaient que les motifs lucratifs du colon avaient guidé son voyage jusqu’au Rwanda. Leur force insignifiante comparée à celle de l’envahisseur leur imposa de garder leur sagesse, de remettre l’épée dans le fourreau, et d’offrir une hospitalité à la rwandaise. Le geste prémédité, mélangé de diplomatie et de désespoir permettra une cohabitation sans heurt entre l’allemand d’un air supérieur et le roi d’un pouvoir suprême, qui suppléait même Dieu au Rwanda selon les Rwandais.
Pendant les dix-neuf premières années, sous le régime colonial allemand, le colon vivra en symbiose avec les Rwandais sans détruire leur tissu social et l’administration locale trouvée en place. Certes, sans déstabiliser le roi rwandais, les Allemands ne lui laisseront jamais le dernier mot. Le départ des Allemands, sans égayer les Rwandais, ne les mécontentera pas non plus. Cependant le pire arriva.

En mai 1916 les Allemands céderont involontairement la place aux Belges. Un relais qui ne plaira à personne au pays, car en 1959, la dynastie rwandaise sera vaincue par le pouvoir colonial belge représenté par le colonel Logiest, épaulé par le vice-gouverneur Harroy et Monseigeur Perraudin. La banqueroute des indépendantistes rwandais découlera de ces émissaires de la Belgique. Le Rwanda vivra tout un siècle cauchemardesque. Durant plus de la moitié de cette période, le pays fut soumis à un régime paternaliste imposé par les envahisseurs blancs. Cette succession par les Belges fut un calvaire pour les Rwandais et durera une quarantaine d’années.
Certes pour le Rwanda, être libéré des Allemands pour être dominé par les Belges, c’était tomber de Charybde en Scylla. Cette période tutélaire de la Belgique de 46 ans, déchira la société rwandaise, bouleversa les rwandais, les divisa, les priva de leur droit, de leur structure administrative et de leur roi. Durant cette époque tragique et obscure, le mal rwandais donna ses racines divisionnistes à la société rwandaise et deviendra vite tentaculaire, pour atteindre son apogée sous les régimes totalitaires qui suivront l’abolition du Royaume. Trois ans avant le départ involontaire et précipité des Belges, ensemble avec leurs laquais, ils feront couler jusqu’à la dernière goutte le sang des Tutsi.

Les deux régimes qui suivront régneront une trentaine d’années, chacun ayant un parrain du nord qui l’épaulera dans l’extermination de ces êtres innocents et inoffensifs face aux armes à feu. Ils ont chassé, tué, enterré des rois, des princes, des chefs, des suzerains, toutes les sommités, sans épargner les anciens braves guerriers. L’incendie des habitations fut généralisé, les fumées de milliers des huttes brûlées couvraient tout le pays. Quelques rares pasteurs rescapés des massacres prendront la poudre d’escampette vers des horizons inconnus laissant derrières eux les leurs et leurs animaux préférés, les vaches, gisant sur les montagnes.
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NYAMWASA01

Fiche technique

Pages
540
Auteur
Daniel Nyamwasa