SURET-CANALE DE LA RÉSISTANCE À L’ANTICOLONIALISME - (1921-2007)

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“Jean Suret-Canale (1921- 2007), français, géographe, historien de l’Afrique, homme de lettre, militant communiste, résistant, anticolonialiste et spécialiste éminent de l’Afrique”, résume Wikipédia.

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Professeur au lycée de Dakar ces années d’après-guerre, il aura eu comme élèves nombre de ceux qui, dix ans plus tard, engageront leurs pays sur le chemin de l’indépendance.

Wikipédia nous rappelle ausi comment “la Guinée devenue indépendante à la suite du référendum de Septembre 1958”, Suret-Canale “s’y rend dès que possible et est nommé d’abord à Conakry (Lycée Classique) puis à la tête du l’Institut National de Recherches et Documentation qui comprend Musée, Archives et Bibliothèque Nationale…, en 1962 il est nommé directeur de (Ecole Normale Supérieure) Kindia.”

C’est années du "Non !" de Sékou Touré à la "Communauté" néo-coloniale voulue par de Gaulle, Suret-Canale sera parmi les très rares français à rallier la Guinée, en anti-colonialistes conséquents.

“En 1963 menacé d’être déchu de la nationalité française il doit retourner en France.”

Surtout parce que la menace de dénaturalisation s’étendait à sa femme et à ses enfants, ainsi qu’à pu le préciser sa fille lors de la présentation du livre de Pascal Bianchini à la librairie Lady Long Solo. Nous était rappelé également comment sa thèse de doctorat "Afrique et capitaux" soutenue à la veille de la retraite entrait directement en contradiction avec des thèses à la mode aujourd’hui, comme celle de Jacques Marseille, qui voudraient que la colonisation ait plus coûté qu’elle n’a rapporté au colonisateur…

On a pu souligner aussi le paradoxe qui veut que soit si largement méconnu aujourd’hui un homme qui aura énormément compté dans le champ dit africaniste au moins pour toute une génération :

“Suret-Canale devient un des fondateurs du Centre d’études et de recherches marxistes (C.E.R.M.) en 1960, qui est parmi les centres les plus connus pour développer les théories marxistes sur le Mode Asiatique de production, et qui sera ensuite adopté par les mouvements de libération dans le Tiers-Monde”, dit Wikipédia.

Pascal Bianchini a retraversé cette œuvre importante, et interrogé Jean Suret-Canale en détail, dans de longs entretiens pour ce livre que celui-ci espérait voir paraître de son vivant. Extrêmement fluide, ce texte permet de revivre un épisode essentiel de l’histoire contemporaine, et donne des clefs pour comprendre l’énorme imposture des décolonisations. Dans les années 60 et 70, les ouvrages de Jean Suret-Canale ont contribué à la formation de toute une génération de militants et d’intellectuels africains. Depuis son œuvre pionnière semble avoir été oubliée…

Cet ouvrage – écrit à partir d’entretiens autobiographiques réalisés à la fin de sa vie puis de l’étude de ses archives personnelles – vise à restituer la singularité d’une œuvre et d’un itinéraire où le travail de chercheur et l’engagement politique ont toujours cohabité (...) Jean Suret-Canale constitue une figure intellectuelle complexe, sinon paradoxale, si on veut bien y regarder de plus près. Bien qu’étant animé par un anticolonialisme fondamental, il a dû s’appuyer sur des sources coloniales (les premiers grands auteurs « africanistes » comme Delafosse et Labouret mais aussi les documents de première main des archives coloniales) pour écrire une œuvre de référence qui s’est voulue en rupture avec l’historiographie coloniale (…)

À l’heure des controverses sur le « postcolonial », entre spécialistes patentés organisés en coteries rivales, il n’est pas inutile, ni « ringard » de s’intéresser à l’œuvre de Jean Suret-Canale.

Pascal BIANCHINI

EF158

Fiche technique

Auteur
Pascal Bianchini